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Politique

À quoi ressemblera le travail dans dix ans ?

À quoi ressemblera le travail en 2036 ? Découvrez comment l'IA, le télétravail, l'automatisation et les nouvelles compétences vont transformer les métiers et les entreprises.

28 août 2026La rédaction12 min de lecture
À quoi ressemblera le travail dans dix ans ?

En 2036, certains bureaux pourraient être presque méconnaissables. Les réunions se dérouleront peut-être avec des collaborateurs répartis sur plusieurs villes, les outils d'intelligence artificielle accompagneront une grande partie des tâches quotidiennes et les compétences recherchées par les employeurs auront évolué.

Pour autant, imaginer le travail dans dix ans ne consiste pas à prédire la disparition massive des emplois ni à annoncer un monde entièrement automatisé. Les transformations seront probablement plus progressives. L'intelligence artificielle, le télétravail, l'automatisation et les nouvelles attentes des salariés vont surtout modifier la manière de travailler.

Certains métiers seront profondément transformés, tandis que de nouvelles fonctions apparaîtront. D'autres professions conserveront une forte dimension humaine, notamment lorsqu'elles reposent sur la relation, la créativité, le jugement ou l'intervention physique.

La question sera donc moins de savoir quels métiers vont disparaître que de comprendre quelles compétences permettront de rester employable dans un monde professionnel en évolution permanente.

L'intelligence artificielle deviendra un outil de travail quotidien

L'IA est déjà entrée dans de nombreuses entreprises. Dans dix ans, son utilisation pourrait être beaucoup plus banale, comparable à celle d'un logiciel professionnel ou d'un moteur de recherche. La véritable transformation ne viendra donc pas seulement de la puissance des outils, mais de leur intégration dans les tâches quotidiennes.

L'IA assistera davantage les salariés

En 2036, un salarié pourra probablement utiliser plusieurs assistants numériques au cours d'une même journée. Un commercial pourra demander à un outil d'analyser son portefeuille clients. Un journaliste pourra l'utiliser pour rechercher des informations ou structurer des données. Un comptable pourra automatiser certaines vérifications. Un responsable marketing pourra tester différentes versions d'une campagne.

Cela ne signifie pas que la machine réalisera tout le travail. Dans de nombreux cas, le professionnel restera responsable de la décision finale. L'enjeu sera alors de savoir utiliser efficacement l'outil, mais aussi de vérifier ses résultats. Cette évolution pourrait faire émerger une nouvelle forme de compétence : savoir collaborer avec une intelligence artificielle.

Les salariés devront apprendre à formuler une demande précise, évaluer une réponse, identifier une erreur et apporter leur expertise métier. L'IA deviendra ainsi moins un outil réservé aux spécialistes qu'une composante ordinaire de nombreux métiers.

Certaines tâches disparaîtront sans faire disparaître les métiers

L'automatisation fonctionne souvent par tâches plutôt que par professions entières. Un métier peut donc continuer d'exister tout en étant profondément transformé. Un assistant administratif pourra consacrer moins de temps à la saisie et davantage au suivi des dossiers. Un graphiste pourra accélérer certaines étapes de production. Un développeur pourra automatiser une partie du code.

Le salarié ne sera pas nécessairement remplacé. Son travail sera redistribué. Cette distinction est essentielle pour comprendre l'avenir de l'emploi. Les compétences les plus exposées seront probablement celles qui reposent sur des tâches répétitives et facilement standardisables. À l'inverse, les activités nécessitant jugement, interaction humaine, adaptation ou responsabilité resteront plus difficiles à automatiser complètement.

Le télétravail pourrait devenir une organisation parmi d'autres

La crise sanitaire a accéléré le développement du travail à distance dans les métiers qui le permettent. D'ici dix ans, la question ne sera probablement plus de savoir si le télétravail existe, mais quelle place il occupe dans chaque organisation.

Le modèle hybride pourrait s'imposer

Le bureau traditionnel ne devrait pas forcément disparaître. Il pourrait simplement changer de fonction. Les salariés pourraient venir sur site pour collaborer, échanger, former les nouveaux arrivants ou participer à des réunions importantes, tout en travaillant à distance pour les tâches nécessitant davantage de concentration.

Le modèle hybride permettrait ainsi de combiner plusieurs avantages. L'entreprise conserverait un lieu collectif tandis que le salarié bénéficierait d'une plus grande flexibilité. Mais ce fonctionnement nécessitera de nouvelles méthodes de management. Le responsable ne pourra plus mesurer l'activité uniquement par la présence physique. Les objectifs, les résultats et la qualité du travail prendront davantage d'importance. <<Cette évolution pourrait également modifier la géographie de l'emploi.

Un salarié pourrait vivre dans une ville moyenne tout en travaillant pour une entreprise située dans une grande métropole.

Le travail à distance aura toutefois ses limites

Tous les métiers ne peuvent pas être exercés depuis chez soi. Industrie, bâtiment, santé, restauration, transport ou commerce nécessitent souvent une présence physique.

Même dans les métiers de bureau, certaines entreprises pourraient privilégier le présentiel pour des raisons de culture, de sécurité ou de collaboration.

Le futur du travail ne sera donc probablement pas entièrement à distance. Il sera davantage flexible et différencié selon les métiers. Cette distinction sera importante pour éviter une vision trop uniforme du marché de l'emploi.

Tableau : le travail pourrait évoluer sur plusieurs dimensions

Aujourd'hui

Tendance possible d'ici 2036

Compétence recherchée

Travail principalement sur site

Organisation hybride

Autonomie

Outils numériques séparés

Assistants IA intégrés

Culture numérique

Tâches manuelles répétitives

Automatisation accrue

Adaptabilité

Formation ponctuelle

Apprentissage continu

Curiosité

Management par présence

Management par objectifs

Responsabilité

Carrière linéaire

Parcours plus mobiles

Agilité professionnelle

Recrutement local

Marché plus élargi

Communication à distance

Diplôme comme signal principal

Compétences démontrées

Employabilité


Les compétences deviendront plus importantes que jamais

La transformation du travail ne concernera pas uniquement les outils. Elle modifiera aussi les critères permettant à un candidat de se démarquer sur le marché de l'emploi.

Les compétences numériques deviendront incontournables

Dans dix ans, la maîtrise des outils numériques pourrait être attendue dans une grande majorité des professions. Mais « savoir utiliser un ordinateur » ne constituera plus une compétence suffisante.

Les employeurs rechercheront davantage des personnes capables d'exploiter les données, de travailler avec des outils d'IA, de sécuriser leurs informations et de comprendre les environnements numériques.

Cette évolution concernera aussi les métiers traditionnellement considérés comme éloignés du numérique. Un artisan pourra utiliser des logiciels de gestion. Un agriculteur pourra s'appuyer sur des données pour optimiser certaines décisions.

Un professionnel de santé pourra travailler avec des outils numériques d'aide au diagnostic ou au suivi. La culture numérique deviendra donc une compétence transversale. Elle ne remplacera pas l'expertise métier. Elle permettra de l'utiliser plus efficacement.

Les qualités humaines resteront précieuses

Plus les machines seront performantes, plus certaines qualités humaines pourront prendre de la valeur. Créativité, esprit critique, capacité à communiquer, empathie, négociation ou leadership sont difficiles à réduire à une simple automatisation.

Une entreprise pourra utiliser l'IA pour produire rapidement plusieurs propositions. Mais elle aura toujours besoin de personnes capables de choisir la meilleure option, de comprendre un client ou de prendre une décision dans une situation complexe. Le travail du futur pourrait donc créer un paradoxe. Plus la technologie progresse, plus certaines compétences profondément humaines deviennent stratégiques.

La formation ne s'arrêtera plus au diplôme

Le modèle consistant à étudier pendant quelques années avant d'entrer définitivement dans la vie professionnelle pourrait devenir moins adapté. Dans un marché où les outils évoluent rapidement, apprendre régulièrement deviendra une condition importante pour rester compétitif.

La formation continue deviendra indispensable

Un salarié qui maîtrise parfaitement un outil en 2026 ne peut pas être certain que cette compétence aura la même valeur dix ans plus tard. Les technologies évoluent. Les méthodes changent. Les entreprises adoptent de nouveaux logiciels.

Les métiers eux-mêmes se transforment. La formation professionnelle devra donc devenir plus régulière. Les salariés pourront alterner périodes de travail et périodes d'apprentissage. Les formations courtes, les certifications et les ressources en ligne pourraient prendre une place plus importante.

Cette évolution favorisera également les personnes capables d'apprendre de manière autonome. La curiosité ne sera plus seulement une qualité personnelle. Elle deviendra une véritable compétence professionnelle.

Les parcours professionnels seront moins linéaires

Changer de métier plusieurs fois pourrait devenir plus courant. Une personne pourrait commencer sa carrière dans la communication, évoluer vers la gestion de projet, puis se spécialiser dans les outils d'IA.

Les entreprises devront également apprendre à recruter des profils en reconversion. Le diplôme initial ne permettra plus nécessairement de prédire toute une carrière. Les employeurs pourront davantage regarder les compétences acquises au fil du parcours.

Cette évolution pourrait offrir davantage d'opportunités à ceux qui savent démontrer leur capacité à progresser. Elle exigera toutefois un effort permanent d'adaptation.

Les entreprises devront repenser leur manière de manager

La technologie ne transformera pas uniquement les salariés. Elle obligera également les entreprises à revoir leur organisation, leur management et leur rapport au temps de travail.

Le management par la confiance prendra de l'importance

Dans une organisation hybride, le responsable ne voit pas nécessairement ses collaborateurs chaque jour. Il doit donc apprendre à travailler avec des objectifs précis. Le management pourrait progressivement s'éloigner du contrôle permanent pour privilégier l'autonomie et la responsabilité. Cela nécessite une relation de confiance.

Le salarié doit savoir ce qui est attendu de lui, disposer des moyens nécessaires et être capable d'organiser son travail. Cette évolution pourrait améliorer l'autonomie. Mais elle comporte aussi des risques. Un salarié très autonome peut être exposé à une surcharge de travail s'il n'existe pas de limites claires. Les entreprises devront donc trouver un équilibre entre flexibilité et protection.

Le bien-être deviendra un enjeu d'organisation

Les nouvelles générations accordent une importance croissante à l'équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle. Dans dix ans, les entreprises pourraient davantage considérer le bien-être comme une question de performance.

Horaires flexibles, droit à la déconnexion, organisation hybride et prévention de l'épuisement pourraient devenir des éléments importants de la politique RH. Il ne s'agira pas simplement d'offrir des avantages.

L'organisation réelle du travail devra être cohérente avec le discours affiché. Une entreprise qui parle d'équilibre mais impose une disponibilité permanente aura du mal à fidéliser ses salariés.

De nouveaux métiers apparaîtront autour de la technologie

Les transformations du travail ne produisent pas uniquement des suppressions de postes. Elles créent également de nouveaux besoins, notamment autour de la donnée, de l'intelligence artificielle, de la cybersécurité et de la transition écologique.

L'IA créera de nouvelles fonctions

Certaines professions liées à l'intelligence artificielle existent déjà. D'autres apparaîtront probablement à mesure que les entreprises intégreront ces technologies. Des spécialistes pourront être chargés de contrôler les résultats des systèmes automatisés, de gérer leur déploiement ou de former les équipes.

Des métiers hybrides pourraient également se développer. Ils combineront expertise sectorielle et compétences technologiques. Un spécialiste marketing maîtrisant les outils d'IA pourra ainsi occuper une position différente d'un professionnel exclusivement centré sur les méthodes traditionnelles. La frontière entre métiers techniques et métiers non techniques pourrait donc devenir moins nette.

Les métiers liés à la transition écologique progresseront aussi

Le travail du futur ne sera pas uniquement numérique. Les transformations climatiques et énergétiques créeront également des besoins. Rénovation énergétique, énergies renouvelables, gestion des ressources, mobilité durable, adaptation des bâtiments ou agriculture plus résiliente nécessiteront des compétences spécifiques.

Certains métiers manuels pourraient même retrouver une importance stratégique. Techniciens, installateurs, réparateurs, ingénieurs et professionnels de la maintenance seront indispensables au fonctionnement d'infrastructures de plus en plus complexes. L'avenir du travail ne sera donc pas uniquement composé de métiers derrière un écran.

Le bureau de 2036 sera peut-être moins important que le travail lui-même

La grande transformation pourrait finalement concerner notre définition du lieu de travail. Plutôt que de penser uniquement en termes de bureaux et d'horaires, les entreprises pourraient davantage raisonner en termes de missions, de projets et de résultats.

Les espaces de travail seront plus flexibles

Les bureaux pourraient évoluer vers des espaces davantage dédiés à la collaboration. Postes individuels, salles de réunion, espaces de formation et lieux informels pourraient coexister. Le nombre de bureaux attribués individuellement pourrait diminuer dans certaines organisations hybrides.

Parallèlement, les tiers-lieux et espaces de coworking pourraient jouer un rôle croissant. Cette évolution intéressera particulièrement les entreprises qui souhaitent recruter des talents éloignés de leur siège.

La frontière entre salarié et indépendant pourrait évoluer

Les entreprises pourraient également travailler davantage avec des profils externes : consultants, freelances, experts ponctuels ou travailleurs indépendants. Cette organisation permet d'accéder à des compétences spécifiques sans nécessairement créer un poste permanent.

Mais elle soulève aussi des questions sur la protection sociale, la stabilité professionnelle et les droits des travailleurs. Le travail de 2036 ne sera donc pas seulement une question de technologie. Il sera également un débat sur le contrat social qui accompagne l'emploi.

FAQ – Le travail dans dix ans

L'intelligence artificielle va-t-elle supprimer beaucoup d'emplois ?

Elle devrait surtout automatiser certaines tâches et transformer de nombreux métiers. L'ampleur exacte des suppressions et créations d'emplois reste difficile à prévoir.

Le télétravail sera-t-il généralisé en 2036 ?

Probablement pas pour tous les métiers. Le travail hybride pourrait toutefois rester important dans de nombreuses professions de bureau.

Quelles compétences seront les plus recherchées ?

Les compétences numériques, la maîtrise des outils d'IA, l'adaptabilité, l'esprit critique, la communication et la capacité à apprendre régulièrement devraient être particulièrement valorisées.

Faudra-t-il continuer à se former après ses études ?

Oui. L'évolution rapide des technologies rendra probablement la formation continue encore plus importante pour maintenir son employabilité.

Les métiers manuels auront-ils encore leur place ?

Oui. Les secteurs de la construction, de la maintenance, de l'énergie, de l'agriculture et de nombreux services nécessiteront toujours des compétences humaines et techniques.

Le diplôme sera-t-il encore important ?

Il devrait rester un signal utile, mais les compétences concrètes, les expériences et la capacité à apprendre pourraient prendre davantage de poids dans les recrutements.

En 2036, le meilleur atout sera la capacité à évoluer

Imaginer le travail dans dix ans ne consiste pas à dessiner un monde où les robots auraient remplacé les salariés. La transformation sera probablement beaucoup plus subtile.

L'intelligence artificielle automatisera certaines tâches, le télétravail modifiera l'organisation des équipes et les compétences numériques deviendront indispensables dans un nombre croissant de métiers. Mais les qualités humaines, l'expertise métier et la capacité à prendre des décisions resteront essentielles.

Le principal changement pourrait finalement être culturel. La carrière linéaire, construite autour d'un diplôme obtenu au début de la vie professionnelle, laissera peut-être davantage de place à des parcours évolutifs. Les salariés devront apprendre régulièrement, changer d'outils et parfois même changer de métier.

Les entreprises devront, elles aussi, s'adapter. Elles devront apprendre à recruter sur les compétences, manager des équipes hybrides, intégrer l'IA de manière responsable et proposer des organisations capables de préserver l'équilibre de vie.

Le travail de demain sera donc probablement moins défini par un lieu fixe ou des horaires immuables. Pour les actifs comme pour les étudiants, le message est finalement assez clair : il ne s'agit pas de deviner exactement quels métiers existeront en 2036.

Il faut surtout développer les capacités qui resteront utiles quelle que soit l'évolution des technologies : apprendre, s'adapter, réfléchir, communiquer et savoir travailler avec les nouveaux outils. Car dans dix ans, la compétence la plus précieuse pourrait bien être celle qui permet d'en acquérir de nouvelles.

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